dimanche , 20 janvier 2019

Tizi Ouzou : L’oeuvre de Mohand Akli Haddadou, revisité

Les travaux du professeur Mohand Akli Haddadou, disparu en novembre dernier, constituent «un repère pour tout aménagement linguistique futur», ont soutenu, hier à Tizi- Ouzou, les participants à une journée d’étude sur le patrimoine immatériel amazigh, organisée dans le cadre des festivités de la célébration de Yennayer 2969 dont le coup d’envoi a été donné lundi dernier.

Par Roza Drik :

La rencontre, s’est déroulée à la Maison de la culture Mouloud Mammeri, a été une occasion pour les intervenants de mettre en exergue « l’apport fondamental » de l’oeuvre du Pr. Haddadou dans la préservation de ce patrimoine et l’importance de son usage futur. Ses travaux, notamment, ses dictionnaires, « sont d’une importance capitale et constituent une source et un support incontournables pour tous les aménagements linguistiques et inter-dialectaux pouvant intervenir dans la linguistique amazighe », a soutenu, à l’occasion, Lydia Guerchouh, maître de conférences au département de langue et de culture amazighes (DLCA/UMMTO) de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Citant, entre autres, le dictionnaire des racines berbères communes (publié en 2006) et celui de Tamazight, parlers de Kabylie, Kabyle- Français avec un index Français-Kabyle (publié en 2014) qui exigent « un effort colossal et un travail de fouille très fine pour extraire 1023 racines communes sur un ensemble de 21 000 mots étudiés ».Deux oeuvres qu’elle considère comparables au guide lexical de Miloud Taifi du Maroc qui a regroupé l’ensemble des variétés berbères du royaume et celui de Jean- Marie Dali qui a traité du parler kabyle des Ait Menguellet. De son côté, Saïd Chemakh, docteur en linguistique et enseignant au DLCA, a estimé que le Pr. Haddadou a été dans la continuité du travail de Mammeri dont il s’est servi pour « hisser la linguistique amazighe au rang de langue valorisante ». Les travaux de Mouloud Mammeri, constituent, à cet effet, a-t-il souligné à ce sujet, « la base lexicologique et syntaxique sur laquelle se sont construites, par la suite, les oeuvres de plusieurs linguistes, à l’exemple de Salim Chaker, Remtane Achab, Hend Sadi et Haddadou qui ont dépassé l’oeuvre descriptive pour un usage scientifique ».Regrettant, la disparition de Mohand Akli Haddadou à la veille de l’installation de l’Académie algérienne de la langue amazighe.

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