dimanche , 20 janvier 2019

L’intersyndicale prend en otage l’école : De nouveau, le spectre de la grève

Par Amirouche El Hadi :

Le secteur de l’Education est appelé, dans deux semaines, à renouer avec la protestation à l’échelle nationale. Après un premier trimestre plutôt calme, les menaces de débrayage ont repris car les six syndicats qui s’étaient retirés de la charte d’ethnique, avant les vacances, viennent de prendre la résolution de durcir le ton. A l’appui de leur « coup de semonce » une plate-forme de revendications aux contours flous et sans consistance est brandie par les syndicats autonomes. Il y est question de libertés syndicales « bafouées », du pouvoir d’achat en baisse, de formation imparfaite des enseignants, du niveau des élèves en chute libre et autres points plutôt régionaux et sans aucune incidence avérée sur le fonctionnement de l’institution éducative. L’intersyndicale qui brandit ainsi son arme préférée au visage de la ministre veut brouiller les pistes en soulignant sa volonté de dialogue « sérieux » avec la tutelle. Soyons sérieux, en quoi la ministre de l’Education nationale peut-elle être une interlocutrice sur le dossier du pouvoir d’achat? Rien que de poser la problématique du niveau de vie en tant que question spécifique à une catégorie de travailleurs, relève de la mascarade syndicale. Cette dernière doit pourtant savoir qu’il est absolument exclu d’envisager une hausse des salaires des fonctionnaires. Les enseignants qui en font partie sont justement épargnés par la règle d’un remplacement sur cinq décidé par les pouvoirs publics. Bien au contraire, l’éducation recrute. Ce qui revient à dire que la charge de travail ne pèse pas plus lourd que les années précédentes. L’argument de la baisse du pouvoir d’achat peut être recevable, mais dans le cadre d’un large mouvement intersyndical englobant tous les fonctionnaires du pays. La grève lancée par l’intersyndicale en novembre dernier a été un lamentable échec. Les syndicats qui ont perdu sur ce tableau, entendent réinvestir le corporatisme sur une question qui n’a visiblement aucune chance d’aboutir, tant la problématique est bien plus complexe. La revendication du « niveau de vie » s’est posée, il y a quelques années et le gouvernement y a répondu par une hausse généralisée des salaires en 2012, avec un effet rétroactif à partir de 2008. De fait, l’argument de l’intersyndical de l’éducation ne tient pas la route. Et en prenant en otage des millions d’élèves, elle ne fait rien d’autre que de pourrir l’atmosphère dans un secteur qui a surtout besoin d’apaisement pour pouvoir poser les fondations d’une réforme sérieuse. A ce propos justement, la question du niveau des enseignants et des élèves est posé par les syndicats comme relevant exclusivement de la responsabilité de la tutelle. Or, lorsqu’on sait le comportement de nombreux enseignants et la quasi-généralisation de la pratique des cours de soutien rémunérés, on est amené à responsabiliser ces syndicats qui, visiblement, refusent de prendre position sur le commerce juteux que sont devenues les activités extrascolaires des enseignants. Ce serait dévoiler un secret de Polichinelle que d’affirmer que beaucoup d’enseignants ont fait fortune sur le dos des parents d’élèves. Parler de la baisse du niveau, doit s’accompagner d’une autocritique nécessaire de la part des syndicats. Or, l’on n’a pas l’impression que les syndicats soient dans une logique de dialogue. Ils sont plutôt dans le rapport de force avec l’administration qu’ils accablent de tous les maux, sans tenir compte de leur responsabilité dans la perturbation des trois paliers du système scolaire, ces dernières années. La posture, visiblement, inconsciente des responsables syndicaux et la ritournelle de la grève qu’ils agitent pour un oui ou pour un non, cachent, en fait, très mal, une volonté de nuire à la démarche de la ministre de l’Education nationale. Bien qu’il soit inadéquat de trouver un motif politicien dans l’ensemble des syndicats, aujourd’hui en colère, il reste qu’à voir de plus près, il y a dans l’attitude de certains syndicalistes, une tendance avérée à user de l’argument syndical pour torpiller la réforme de l’école. Ainsi, les 21 et 22 janvier prochains ne sont rien d’autre qu’une opération test pour les syndicats qui veulent jauger leur capacité de mobilisation avec l’objectif d’aller vers un mouvement autrement plus dur dans le courant du deuxième trimestre.
AEH

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