dimanche , 20 janvier 2019

GILETS JAUNES : ACTE 9 EN ATTENDANT LE GRAND DÉBAT

Deux mois après la première mobilisation, le mouvement vit son neuvième épisode, ce samedi, entre Paris et Bourges. Un important dispositif de sécurité est déployé.

Le lancement imminent du Grand « débat national » n’y change rien : les « gilets jaunes » se sont rassemblés hier à travers la France, et semblent vouloir se concentrer entre Paris, théâtres de violences samedi dernier, et un lieu inhabituel: Bourges. En conséquence, un dispositif de sécurité « considérable » est déployé. Il retrouve son niveau de mi-décembre, à savoir près de 80.000 policiers et gendarmes dans toute la France, a précisé le Premier ministre Edouard Philippe, assurant que les manifestants violents n’auraient « pas le dernier mot ». Deux mois après la première mobilisation, le mouvement est toujours aussi protéiforme et les figures de son « canal historique » n’ont pas la même stratégie pour leur neuvième samedi de manifestations. Le chauffeur routier Éric Drouet affiche son intention de retourner à Paris. Le lieu de rassemblement, annoncé pour le moment à La Défense sur Facebook – avec 3.000 participants et 15.000 personnes intéressées jeudi – devrait être dévoilé au dernier moment, comme lors des autres samedis. De leur côté, l’autoentrepreneuse Priscillia Ludosky et le Breton Maxime Nicolle ont choisi Bourges (Cher) comme épicentre de la mobilisation. Cette préfecture du centre de la France est « à une distance équivalente des grandes villes », et est « une ville un peu moins connue des forces de l’ordre pour éviter qu’il y ait du ‘nassage’ (encerclement, ndlr) de fait, que la tension monte », a expliqué l’intérimaire à Konbini. Jeudi, 2.400 participants disaient vouloir s’y rendre sur Facebook et 12.000 personnes étaient intéressées. D’autres rassemblements sont annoncés dans plusieurs villes : Bordeaux, Marseille, Toulouse, Lyon, Strasbourg, Lille, Nantes, Rennes… Les manifestants prévoient aussi une reprise des blocages et certains appellent à retirer leur argent des banques, sans toutefois susciter l’inquiétude du secteur. Après les débordements violents du weekend précédent, un dispositif de sécurité « considérable » va être déployé, a annoncé Edouard Philippe. Le dispositif retrouvera son niveau de mi-décembre, à savoir près de 80.000 policiers et gendarmes dans toute la France, a précisé le Premier ministre, assurant que les manifestants violents n’auraient « pas le dernier mot ». Plus de 5.000 hommes seront déployés à Paris pour le maintien de l’ordre. Les blindés sur roues de la gendarmerie seront à nouveau déployés dans la capitale ce week-end. Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé une future loi durcissant les sanctions contre les casseurs et les manifestations non déclarées. Depuis plusieurs semaines, plusieurs internautes appellent à retirer massivement de l’argent dans les banques. Sans résultat. Mais, mardi, Maxime Nicolle, l’une des figures du mouvement, a relayé cet appel à « un référendum du percepteur » lors d’un Live sur Facebook. « On va retourner aux urnes mais en passant par le distributeur », a-t-il lancé. Objectif : déclencher une panique bancaire et contraindre le gouvernement à céder à leurs revendications. Plusieurs référents des « gilets jaunes » envisagent de se réunir à Bourges en raison de sa situation géographique centrale, à 250km de Paris, car c’est « une ville un peu moins connue des forces de l’ordre pour éviter qu’il y ait du ‘nassage’ (encerclement, ndlr) de fait, que la tension monte », a indiqué l’un de ces référents au site Konbini. Sur Facebook, 13.000 se sont dit « intéressés » pour se rendre à Bourges et 2.700 personnes ont confirmé leur venue, obligeant la ville à prendre des dispositions de sécurité particulières. Les horodateurs vont été retirés de l’hyper- centre de la ville et de nombreux lieux publics, dont la mairie et plusieurs jardins, seront fermés, alors que les illuminations de Noël ont été retirées de certains points de la ville, comme l’a indiqué le quotidien local Le Berry Républicain. La préfecture du Cher a indiqué que « ce rassemblement constitue un attroupement dangereux, présente des risques pour la sécurité des participants et organisateurs. » De nombreux commerçants s’inquiètent de la manifestation qui devrait débuter vers 10h du matin avec une marche à travers la ville en début d’après-midi. « C’est l’inconnue quant au nombre de manifestants et sur la manière dont ça va se passer. Est-ce que ce sera pacifique ou est-ce qu’il y aura des débordements? », s’est interrogé le maire de Bourges, Pascal Blanc. Selon plusieurs médias, des « gilets jaunes » pourraient également se réunir à Paris et à Toulouse. Le 5 janvier dernier, près de 50.000 personnes s’étaient rassemblées dans toute la France, plusieurs heurts éclatant entre certains manifestants et forces de l’ordre.

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