dimanche , 20 janvier 2019

Commerce des produits agricoles et protection de la sécurité alimentaire : La FAO plaide pour un accord mondial

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a plaidé pour un accord mondial sur le commerce agricole permettant aux pays d’assurer leur sécurité alimentaire « sans porter préjudice à leurs partenaires commerciaux », a-t-elle indiqué sur son site web. Se félicitant de l’accord de Nairobi, adopté récemment par les Etats membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour supprimer les subventions à l’exportation des produits agricoles, le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, a souligné la nécessité d’un accord mondial sur le commerce où les pays puissent concilier la réalisation de leur sécurité alimentaire nationale et leurs objectifs de développement sans porter préjudice à leurs partenaires commerciaux. L’Organisation a toutefois souligné que des différences subsistent sur d’autres mesures visant à créer des conditions commerciales plus équitables à l’échelle mondiale, en particulier pour les pays en développement. « L’incertitude qui règne sur la négociation de ce cadre est préoccupante dans un monde où le commerce agricole mondial sera vraisemblablement en augmentation au cours des prochaines décennies, au fur et à mesure que les régimes de consommation et de production continueront d’évoluer ». Le DG de la FAO a estimé qu' »une plus grande participation aux échanges mondiaux est de ce fait inévitable pour la plupart des pays. Toutefois, le processus de libéralisation des échanges, avec ses conséquences, devra être bien géré si nous voulons que le commerce améliore la sécurité alimentaire ». Concernant le commerce et la sécurité alimentaire M. Graziano da Silva a évoqué le récent rapport publié par la FAO sur « la situation des marchés des produits agricoles (SOCO) 2015-2016 », qui relève l’impact du commerce sur les quatre dimensions de la sécurité alimentaire qui sont la disponibilité, l’accès, l’utilisation et la stabilité. Le directeur de la FAO note que le commerce et les politiques qui s’y rattachent ont des répercussions différentes sur les dimensions de la sécurité alimentaire selon les pays, voire à l’intérieur d’un même pays, et que cellesci évoluent au fil du temps avec le développement des pays, ajoute le rapport. Harmoniser les objectifs à court et à long terme est d’une importance vitale, compte tenu des variations considérables de la nature des perturbations et de la fréquence accrue des chocs du marché due aux aléas géopolitiques, météorologiques et stratégiques, explique le rapport de la FAO. Si les efforts de protection des marchés intérieurs contre la volatilité des prix mondiaux pourraient avoir l’effet contraire, les mesures d’incitation agricoles jouent un rôle important pour doper la production et la productivité de l’agriculture et encourager une plus vaste croissance économique. A propos de la gouvernance commerciale, le rapport estime que les questions de commerce et de sécurité alimentaire peuvent être mieux harmonisées au sein du système multilatéral en améliorant l’Accord de l’OMC sur l’agriculture. En revanche, il a été difficile de trouver un juste équilibre entre les disciplines des politiques commerciales et l’espace politique souhaité par les pays en développement, relève le même document. La déclaration publiée le 19 décembre à la clôture de la 10ème Conférence ministérielle de l’OMC à Nairobi (Kenya) comprend un certain nombre de décisions sur l’Accord sur l’agriculture. Les décisions ministérielles adoptées concerne notamment la compétitivité des exportations par l’abolition de nombreuses subventions à l’exportation pour tous les pays d’ici 2018. Les pays en développement pourront continuer pour le moment à détenir des stocks à des fins de sécurité alimentaire, mécanisme de sauvegarde spéciale permettant de relever temporairement leurs tarifs pour faire face à des hausses d’importations. Les pays développés se sont engagés à fournir un accès en franchise de droits et de contingents aux exportateurs de coton des pays moins avancés à compter de 2016, pour autant que cela soit compatible avec les accords existants.

 

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