vendredi , 26 mai 2017
Inspiré de l’expression algérienne “Dahka Sefra” (sourire jaune) : « L’homme jaune » de Yasser Ameur à Alger

Inspiré de l’expression algérienne “Dahka Sefra” (sourire jaune) : « L’homme jaune » de Yasser Ameur à Alger

Une exposition de peinture traduisant un élan d’engagement social et mettant l’individu devant ses travers et ses réalités sociales a été inaugurée vendredi dernier, par l’artiste peintre “L’homme jeune” à la galerie d’art “Seen Art Galery” à Alger. Exposant pour la première fois en Algérie, “L’homme jaune”, Yasser Ameur de son vrai nom, propose aux visiteurs une collection à la frontière entre le Pop Art et la peinture et qui a déjà connu un grand succès sur Internet et à l’étranger. L’homme jaune, un personnage au corps décharné, au regard vide et à la peau jaune, inspiré de l’expression algérienne “Dahka Sefra” (sourire jaune), représentant pour l’artiste “la société actuelle” est au centre de toutes les oeuvres présentées dont une première série de 16 portrait en petit format montrant ce personnage avec différents costumes. La société sur connectée et dépendante est mise en scènes par Yasser Ameur dans des toiles comme “Low Battery” (Batterie faible), “Fuel” (carburant), ou encore “Le rat de laboratoire” montrant la dépendance à Internet ou à d’autres produits de consommation et l’aliénation en découlant par le désarroi causé par un simple téléphone sans batterie. La place de la femme et l’image dont elle jouit au sein de la société sont également abordé par l’artiste dans “Je suis une honte”, toile d’une petite fille écrivant sur le mur “Ana Maraa Hachakoum” (Je suis une femme sauf votre respect) ou encore dans “Les caleurs” une oeuvre traitant de la place de la femme dans l’espace public, notamment les transports en commun. Le rapport à l’amour est également exploré dans un grand format intitulé “Romance sur l’herbe”, une des oeuvres qui avait fait son succès sur Internet, mettant en scène deux couples algériens en tenues traditionnelles assis sur l’herbe sous un écriteau “Pratique du romantisme interdite”. Dénonciateur sans être criard, l’artiste traduit le regard porté par la masse populaire sur le discours de certains hommes politiques, représentés par l’homme jaune, et le contenu des médias dans des toiles comme “El Boulitik”, “Opinion public”, “Préservez vous l’esprit” ou encore “Société du spectacle” des oeuvres qui lui ont été inspirées par les discussion entre les gens dans cafés populaires de Mostaganem, et qu’il n’a fait que traduire, explique-t-il.Né en 1989 à Blida Yasser Ameur a étudié les arts et le design à l’université de Mostaganem avant d’intégrer l’Ecole des Beaux-arts de la ville où il dit avoir “installé son atelier dans les cafés populaires, sa principale source d’inspiration”. En 2012 il travaille en tant qu’assistant des artistes Denis Martinez et Ali Silem avant de décrocher en 2013 le 3e “Prix Ali Maachi” en peinture et de participer à la 3e biennale méditerranéenne d’art contemporain d’Oran. A partir de 2015 Yasser Ameur entame une carrière à l’étranger et expose dans différents salons et foires internationales d’arts contemporains en Europe notamment au RoyaumE Uni, en Belgique, aux Pays-Bas, en France ou encore en Espagne.Pour la première fois l’artiste va à la rencontre de son public à la faveur de cette exposition qui se poursuit jusqu’au 27 mai.

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