mardi , 25 avril 2017

LE MONDE À VERLAN

 » Bref, Trump donne véritablement l’air de chercher la bagarre, de se faire lui-aussi sa propre guerre, de montrer ses muscles, de se prouver (à l’étranger) qu’il est l’homme le plus puissant de la planète, après avoir échoué à le prouver intra muros. L’ONU, qui donne l’air d’avoir saisi le caractère belliqueux, narcissique est dangereux de Trump, vient ainsi d’avoir l’attitude qui a inspiré cet édito « .

Par Mohamed Abdoun :

Je me demande si la planète, déjà prise d’une crise de folie furieuse, n’est pas en train de partir en vrille, comme on dit, à la (dé)faveur de l’élection de Donald Trump à la tête du gendarme du monde. celui-ci, imprévisible en diable, est en passe de mettre le monde en émoi à cause de ses actions tout aussi intempestives qu’imprévisibles. Lui, qui promettait que les USA et les Américains passeraient désormais avant tout, mais qui a lamentablement échoué dans toutes ses tentatives d’en finir rapidement avec les legs d’Obama, comme le système de santé ou bien la loi sur l’immigration, s’est brusquement découvert une âme (et une… arme surtout) d’interventionniste invétéré. Se rendant compte que sur ce coup il ne risquait plus la  » censure  » du populo, pouvant enfin déployer et profiter de son extrême puissance, il n’y va franchement pas de main morte. Quitte, ce faisant, et comme je le disais en  » intro « , à mettre la planète en émoi, et à risquer de déclencher un troisième, et surtout dernier, conflit planétaire. C’est ainsi qu’après avoir bombardé la Syrie à l’aide de terribles missiles de croisière, sans prendre la pleine de rechercher la vérité, lançant un message fort aux terroristes concernant l’estime et le soutien dont ils jouissent de la part de Washington tant qu’ils restent en guerre contre le républicain Bashar al-Assad (appliquant ainsi ce vieil adage éculé selon lequel les ennemis de mes ennemis deviennent forcément et forcément mes amis), après avoir bombardé la Syrie sans cous férir, dis-je, ne voilà-til pas qu’immédiatement après il s’en va en mer de Chine, lourd d’une impressionnante armada, afin d’entamer un mortel et très incertain bras de fer avec le dictateur nord coréen. Celui-ci est connu pour ne pas faire dans la dentelle. Aller le défier au large de ses côtes, tout en dépêchant son secrétaire d’Etat en Corée du Sud, jusqu’à la zone démilitarisée, pour claironner que le temps  » obamanien  » du wait and see est bel et bien révolu, et que toutes les options sont désormais sur la table, faire cela revient tout simplement à tirer le tigre par la queue, pour reprendre une célèbre expression asiatique. Je ne dis pas cela pour signifier qu’il faille laisser Kim Jong Il faire ce qu’il lui plait. En revanche, je conteste aux USA ce droit autoproclamé de jouer les justiciers de la planète, étant eux-mêmes criminels, terroristes et particulièrement injustes. Reprocher à la Corée du Nord de courir après l’arme nucléaire (pour se protéger, comme elle le dit), sonne particulièrement faux de la part du seul pays qui en a véritablement fait usage, à deux reprises au Japon, y faisant des milliers de morts, et y laissant des séquelles qui restent visibles jusqu’à ce jour. Bref, Trump donne véritablement l’air de chercher la bagarre, de se faire lui-aussi sa propre guerre, de montrer ses muscles, de se prouver (à l’étranger) qu’il est l’homme le plus puissant de la planète, après avoir échoué à le prouver intra muros. L’ONU, qui donne l’air d’avoir saisi le caractère belliqueux, narcissique est dangereux de Trump, vient ainsi d’avoir l’attitude qui a inspiré cet édito. Elle a tout simplement appelé, je cite la  » République populaire démocratique de Corée (RPDC) à prendre toutes les mesures nécessaires pour apaiser la situation et revenir au dialogue et à la voie de la dénucléarisation « . Cela me rappelle trop cette attitude par trop algérienne, adoptée par toutes nos mères, un jour ou l’autre, lorsque le petit frère  » débloque  » trop, et qu’elle nous appelle au calme, à éviter la riposte parce qu’il ne sait pas ce qu’il fait :  » Khouk esseghire mateândouche ! « . Et avec ça, il s’en trouverait encore pour se demander qui est vraiment le fou-furieux dans cette surréaliste histoire ! Décidément, quelle triste époque nous vivons !
M. A.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*