mardi , 25 avril 2017
Grève de la faim des prisonniers palestiniens : L’ONU vivement interpellée

Grève de la faim des prisonniers palestiniens : L’ONU vivement interpellée

L’ONU a affirmé mardi suivre de près la grève de la faim entamée par plus de 1.000 prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes, tout en appelant au calme après des affrontements en Cisjordanie occupée avec les partisans des grévistes. « Nous sommes évidemment conscients de la situation et nous suivons de près les développements », a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric. Les détenus palestiniens emmenés par le dirigeant du Fatah, Marwan Barghouti, ont lancé lundi une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention arbitraires et demander des améliorations, notamment un meilleur accès aux soins médicaux. A la suite d’affrontements entre les forces d’occupation israéliennes et des manifestants palestiniens soutenant les prisonniers, M. Dujarric a appelé « toutes les parties à faire preuve de retenue maximale ». Selon les médias, l’occupant israélien a refusé « toute négociation » avec la prisonnière et indiqué que M. Barghouti a été placé en isolement dans une autre prison. « Par principe, où que ce soit, nous appelons toujours à un traitement humain des détenus », a ajouté le porte-parole de l’ONU. Jeudi, 20 avril, le Conseil de sécurité des Nations unies doit se pencher sur le conflit israélopalestinien lors de son débat mensuel sur le sujet. Israël a affirmé mardi qu’il refuserait de négocier avec le millier de prisonniers palestiniens ayant entamé la veille une grève de la faim pour réclamer des conditions « dignes » de détention. « Il s’agit de terroristes et d’assassins qui reçoivent ce qu’ils méritent et nous n’avons pas de raisons de négocier avec eux », a affirmé le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan à la radio militaire. Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a prévenu dans un communiqué qu’il était favorable « à l’approche de Margaret Thatcher ». Il faisait allusion au refus du Premier ministre britannique en 1981 de céder aux exigences de détenus irlandais de l’IRA grévistes de la faim. Dix d’entre eux étaient décédés à la suite de ce mouvement de protestation. La ministre de la Justice Ayelet Shaked a affirmé à la télévision que les autorités « n’hésiteront pas à utiliser la loi autorisant à nourrir de force des détenus en grève de la faim ». Cette loi a été votée en 2015 et concerne les grévistes de la faim dont la vie est jugée en danger. Interrogé par l’AFP, un porte-parole de l’administration pénitentiaire a assuré qu’aucun incident n’avait été signalé mardi et que le nombre de grévistes est resté stable à 1.100. Les estimations varient quelque peu mais la fourchette reste la même. Ce sont entre 6 300 et 6 500 Palestiniens qui sont actuellement dans les prisons israéliennes. Une hausse de 15% par rapport à l’été 2015, avant le déclenchement de la vague d’attaques au couteau. Quant au nombre de personnes placées en détention administrative, incarcérées sans avoir été jugées, il a lui augmenté de près de 50% sur la même période selon l’organisation Addameer : 500 détenus palestiniens relèvent actuellement de ce statut. Mais plus encore que ces chiffres, c’est le système judiciaire israélien que dénonce l’instigateur de ce mouvement, Marwan Barghouti. A ses yeux, comme à ceux de l’Organisation de libération de la Palestine, il est biaisé : ces cinq dernières années, le taux de condamnation des Palestiniens a varié entre 90 et 99%, dénoncentils. Et eux de considérer les détenus Palestiniens comme des prisonniers politiques. Des accusations rejetées par le gouvernement israélien.  » Il s’agit de terroristes et de meurtriers condamnés, traités dans le respect du droit international « , répond l’un de ses porte-paroles.
K.R/Agences

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