jeudi , 22 juin 2017
ELECTION PRÉSIDENTIELLE EN FRANCE : LE TERRORISME, INVITÉ-SURPRISE

ELECTION PRÉSIDENTIELLE EN FRANCE : LE TERRORISME, INVITÉ-SURPRISE

A cinq jours de l’élection présidentielle, deux personnes ont été arrêtées…

Deux hommes de 23 et 29 ans, soupçonnés de préparer un attentat  » imminent  » ont été arrêtés ce mardi à Marseille, à cinq jours du premier tour de l’élection présidentielle, a-t-on appris de sources proches de l’enquête. Selon des informations recoupées, il s’agit de Mahiedine M., 29 ans, originaire de Croix (Nord) et de Clément B., 23 ans, né à Ermont (Val-d’Oise). Ils étaient recherchés par la DGSI depuis plusieurs jours. Le Raid a notamment été envoyé vendredi dernier pour sécuriser un meeting de François Fillon à Montpellier. Selon Midi Libre, une menace terroriste planait sur cet événement. Les enquêteurs s’interrogent sur un lien éventuel entre cette menace et le projet qui aurait été déjoué ce matin. Les deux hommes sont  » soupçonnés d’un passage à l’acte imminent « , a précisé l’une de ces sources. Ils ont été arrêtés par la DGSI dans le cadre d’une enquête en flagrance ouverte à Paris pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et infraction à la législation sur les armes en relation avec une entreprise terroriste. L’arrestation s’est déroulée 3, rue de Crimée dans le 3e arrondissement de Marseille. Des opérations de déminage étaient en cours, a expliqué Mathias Fekl, ministre de l’Intérieur lors d’une conférence de presse. Le procureur Molins livre les détails sur l’opération menée à Marseille. Les deux hommes interpellés mardi à Marseille préparaient une attaque  » imminente « , a confirmé le procureur de Paris François Molins, lors d’une conférence de presse mardi soir. Voici ce qu’il faut en retenir. Ces deux Français, Clément B., 23 ans, et Mahiedine M., 29 ans, avaient rassemblé dans leur appartement trois kilos de TATP – un explosif artisanal prisé des djihadistes -, a précisé le procureur. Des armes à feu ont également été retrouvées. Dans ce logement  » d’étudiant  » que ces deux hommes  » aussi méfiants que déterminés  » occupaient dans le centre de Marseille, les enquêteurs ont découvert, outre un drapeau de Daesh, un fusil-mitrailleur, deux armes de poing, un pistolet automatique, des sacs et boîtes de munitions, un silencieux et un couteau de chasse. Mais aussi une grenade artisanale contenant du TATP, un sac de boulons, des mèches, des produits chimiques de conditionnement, des bouteilles d’acétone et d’eau oxygénée, a détaillé le procureur. Le 4 avril, Mahiedine M. a envoyé un pli au commissariat de Roubaix accompagné d’un mot :  » Je vous donne ma carte d’identité et ma carte [bancaire, ndlr] car à cause de vous je n’en ai plus l’utilité. Je vais bientôt me rendre on discutera. […] Je n’ai rien à vous dire, je vis d’amour et d’eau fraîche, je médite, laissez- moi tranquille, salut.  » Le plus âgé des deux suspects, Mahiedine M., cherchait à entrer en contact avec l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), notamment pour transmettre  » une vidéo d’allégeance ou de revendication « , a également révélé le procureur. Il a précisé qu’une  » vidéo interceptée le 12 avril dernier  » montrait  » une table sur laquelle est posé un fusilmitrailleur de type UZI « ,  » le drapeau noir de l’Etat islamique « ,  » des dizaines de munitions disposées afin d’écrire « la loi du talion »  » et  » la une d’un quotidien  » Le Monde datée du 16 mars 2017  » avec en couverture un candidat à l’élection présidentielle « , en l’occurrence François Fillon. Un drapeau de Daesh ainsi que de la  » documentation jihadiste  » avaient déjà été découverts au domicile à Roubaix de Mahiedine M., lors d’une perquisition administrative en décembre 2016, a précisé le procureur.
R.N.

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