jeudi , 22 juin 2017
CE VENEZUELA QUI PLAÎT TANT À MÉLENCHON

CE VENEZUELA QUI PLAÎT TANT À MÉLENCHON

Quinze années de socialisme ont détruit l’économie vénézuélienne. Est-ce un modèle à suivre ?

Le 6 décembre 2015, l’opposition, regroupement de partis de droite et de gauche, avait très largement remporté les élections législatives, première défaite de la gauche socialiste depuis qu’Hugo Chavez était arrivé au pouvoir en 1999 ; défaite cuisante pour son successeur, Nicolas Maduro, l’opposition ayant obtenu les deux tiers des voix comme des sièges, et le parti socialiste unifié du Venezuela au pouvoir le tiers restant. Victoire d’autant plus remarquable que le pouvoir chaviste avait tout fait pour museler l’opposition dans les médias et pour faire pression sur les électeurs, tandis qu’il emprisonnait de nombreux opposants. Cette défaite s’explique largement par la situation dramatique de l’économie vénézuélienne et la leçon de l’expérience Chaviste, une de plus dans l’histoire tragique du socialis-me marxiste, est claire : quinze années de socialisme ont détruit l’économie vénézuélienne, pourtant longtemps soutenue par la manne pétrolière. Certes, la page du socialisme vénézuélien n’est pas encore tournée, car le Président Maduro a montré qu’il ne reculait devant rien, face à cette cohabitation nouvelle pour lui. Il s’est empressé de prendre certaines mesures, prétendant dialoguer directement avec le peuple (avec un quasi-Parlement parallèle) et non avec les parlementaires élus, et retirant certains pouvoirs de nomination au Parlement, alors qu’il contrôle déjà l’armée, la banque centrale et la grande entreprise pétrolière. Le discours officiel à la télévision est sans ambiguïtés : l’opposition aurait mené  » une guerre économique sans merci contre le pouvoir révolutionnaire, permettant une victoire de la droite fasciste.  » Discours souvent entendu sous d’autres cieux.

Files d’attente et inflation typique des régimes socialistes
La situation économique du Venezuela est typique des régimes socialistes. D’abord, ce sont les files d’attente dans les magasins : c’est la pénurie de nombreux produits qui caractérise le système en raison de la destruction du commerce et des importantes restrictions à la liberté d’entreprendre, des contrôles bureaucratiques et des prix fixés arbitrairement par l’État : de quoi faire disparaître les produits des magasins, en particulier les produits de base, du sucre à l’huile, en passant par les médicaments ou le papier toilette. Mais aussi de quoi alimenter un marché noir, qui, lui, pratique les vrais prix, avec en prime corruption, criminalité et spéculation ! La file d’attente est la première carte de visite de toute économie socialiste, les pays de l’Est en ont fourni l’exemple jusqu’à la chute du mur de Berlin. Le contrôle des changes vient compléter le tableau, avec des taux de change artificiels (et donc un marché parallèle). Mais si le contrôle des prix fait disparaître l’offre des produits contrôlés, le déséquilibre se manifeste ailleurs, avec une inflation ouverte. Le chiffre n’est plus publié depuis un an, mais une fuite a permis d’obtenir le résultat des douze derniers mois : 270% ! Le pouvoir d’achat est directement atteint : pénuries et hyperinflation ont lourdement pesé sur le vote des électeurs.

Effondrement de l’offre et gaspillage de la rente pétrolière
L’effondrement de l’offre, accentuée par tous les contrôles étatiques, se traduit aussi par une récession et le recul du PIB, déjà supérieur à 4% en 2014, s’est accentué en 2015. Le FMI l’évalue à 10%, car les chiffres officiels ont disparu, pour ne pas faire le jeu de la  » guerre économique  » que l’opposition et  » l’impérialisme américain  » mèneraient au pouvoir.  » Transparencia internacional  » a même, en vain, essayé d’agir en justice pour obtenir la publication des statistiques économiques, au nom de la transparence. Le gouvernement s’est lancé dans une fuite en avant monétaire, prenant totalement le pouvoir à la Banque centrale, qui finance ainsi l’incroyable déficit budgétaire (25% du PIB) et les nombreuses entreprises publiques. Cette dégradation rapide de l’économie a eu lieu en dépit de la rente pétrolière, qui représente 96% des exportations et 25% du PIB. Cette rente a été totalement gaspillée en mesures démagogiques destinées à calmer l’opinion, tandis que le reste de l’économie se délabrait peu à peu. Mais le pétrole n’a pas empêché le surendettement du pays. Certains mettent en avant la chute des cours du pétrole pour expliquer la débâcle actuelle, mais l’économie était déjà en crise quand le pétrole était au plus haut, et la chute récente n’a fait que révéler le désastre du reste de l’économie, que masquait la rente pétrolière.

Un des pires indices de liberté économique
Cette catastrophe économique est parfaitement illustrée par l’indice de liberté économique publié chaque année par la Fondation Heritage et le Wall Street Journal. Il montre que le Venezuela se situe, pour les libertés économiques, à la 175e place sur 178 pays ! On ne trouve de pire que le Zimbabwe, Cuba et la Corée du Nord, de quoi faire rêver ! La note sur 100 du Venezuela est de 36,4 quand celle du premier pays, Hong Kong, est supérieure à 90. Même la France, pourtant lourdement étatisée, à la 70e place, a une note presque double, 63,5! Remarquons d’ailleurs que le Venezuela n’est pas seul en Amérique latine à être sinistré en matière de libertés économiques, car, outre Cuba, on trouve aussi l’Argentine (168e), l’Équateur (159e) et la Bolivie (158e). Cet indice mesure en particulier la liberté d’entreprendre et celle des échanges, le poids des impôts et des dépenses publiques, la protection de la propriété ou encore la liberté sur le marché du travail. Indice de libertés pour les notes élevées, il devient donc a contrario un indice de socialisme pour les notes basses. L’effondrement économique des pays du bas du classement, en Amérique latine comme ailleurs, a une cause simple : c’est la conséquence des mesures socialistes d’étatisation mises en place et de la faiblesse de l’Etat de droit. La leçon de l’ex-URSS et des pays d’Europe centrale et orientale, comme d’autres en Asie ou ailleurs, et la souffrance de leurs populations n’ont donc pas suffi à ouvrir les yeux. Le Venezuela est désormais à la croisée des chemins, car les Chavistes feront tout pour rester au pouvoir. Mais la leçon est claire, une fois de plus : le socialisme est un outil efficace de destruction économique, alors que la liberté est le moteur de la prospérité.

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