vendredi , 26 mai 2017
L’ARMÉE AMÉRICAINE A LARGUÉ EN AFGHANISTAN LA MÈRE DE TOUTES LES BOMBES : PRÉLUDE À D’AUTRES FRAPPES ?

L’ARMÉE AMÉRICAINE A LARGUÉ EN AFGHANISTAN LA MÈRE DE TOUTES LES BOMBES : PRÉLUDE À D’AUTRES FRAPPES ?

Les États-Unis ont utilisé leur bombe non nucléaire la plus puissante contre des positions de l’État islamique en Afghanistan jeudi 13 avril. Dans un contexte de tensions croissantes, notamment avec la Corée du Nord, cette opération pose de nombreuses questions. Stratégie. Ces derniers temps, observe Slate,  » les médias américains ont prêté beaucoup moins d’attention à l’Afghanistan qu’à la Syrie, ou même au Yémen « . Pourtant, la situation y est de plus en plus alarmante : en 2016, les talibans ont conquis plus de territoires qu’au cours de n’importe quelle autre année, depuis le début des affrontements entre le mouvement rebelle et le gouvernement afghan, soutenu par les États-Unis. Parallèlement aux talibans, l’organisation État islamique s’est également implantée dans le pays. Sa place forte se situe dans la province de Nangarhar. Et c’est là qu’a été larguée, ce 13 avril, la MOAB, ou bombe à effet de souffle massif. Surnommée  » la mère de toutes les bombes « , la plus puissante des bombes non nucléaires dont dispose l’armée américaine a été utilisée pour détruire des tunnels de l’EI. D’après Kaboul, l’attaque aurait tué au moins 36 djihadistes.  » La MOAB a été développée pendant la guerre d’Irak, mais jamais utilisée « , reprend Slate. Des représentants de l’armée avaient déclaré à l’époque qu’elle avait principalement été conçue pour des  » opérations psycholo- giques  » : il s’agissait de provoquer  » une explosion d’une telle ampleur que l’ennemi abandonnerait le combat « . On peut dès lors supposer que le largage de ce jeudi répondait  » moins à un objectif tactique qu’à la volonté d’envoyer un message « , avance le site d’information. De fait, abonde le Los Angeles Times, cette opération  » a peu de chances de changer le cours de ce qui constitue la plus longue guerre des Etats-Unis « . Il est donc probable qu’elle soit essentiellement symbolique, au même titre que les frappes lancées le 7 avril en Syrie, en guise de réponse à l’attaque chimique de Khan Cheikhoun. Le quotidien californien observe que si, sur le papier, le Pentagone n’a pas modifié ses engagements, dans les faits  » les responsables militaires ont pris plus de libertés ces dernières semaines. Et commis plus d’erreurs.  » Ces derniers temps, une série d’attaques mal menées ont conduit à  » une augmentation notable du nombre de victimes civiles « , tant en Irak qu’en Syrie et au Yémen. Le jour même du largage de la MOAB, l’armée américaine a reconnu avoir tué par erreur 18 rebelles qui combattaient l’État islamique en Syrie. Une information  » qui bénéficiera probablement de moins d’attention que la très grosse bombe « , commente Slate. Le ton est nettement moins critique dans les colonnes de The Atlantic. Le magazine souligne que la MOAB a une charge équivalant à 11 tonnes de TNT alors que les bombes nucléaires larguées en 1945 sur Hiroshima et Nagasaki avaient des charges équivalant, respectivement, à 15 000 et 21 000 tonnes de TNT.  » En d’autres termes, même si la MOAB est l’une des plus grandes bombes non nucléaires, elle est nettement plus petite que la plupart des bombes nucléaires que possèdent ou ont utilisé les États-Unis.  » Le magazine insiste également sur la nécessité pressante de contrer l’EI, qui a notamment revendiqué l’attentat-suicide qui a fait 83 morts dans un temple au Pakistan, au mois de février. Interrogé par le magazine géopolitique Foreign Policy, un porte-parole de l’armée américaine a clairement indiqué que l’objectif était de défaire la branche afghane de l’EI au cours de l’année 2017. Or, la MOAB  » est capable de détruire les tunnels  » utilisés par les djihadistes pour échapper aux forces afghanes. Et c’est justement cette capacité qui porte à croire que la MOAB pourrait être à nouveau utilisée contre des dispositifs nucléaires souterrains, dans des endroits comme l’Iran et la Corée du Nord.  » Dans le contexte de tension croissante entre Pyongyang et Washington ces derniers jours, les observateurs ont immédiatement rapproché le largage de la MOAB de la détermination de Donald Trump d’en découdre avec le dossier du nucléaire nord-coréen. Mais le président américain a déclaré à la presse que l’envoi de la bombe n’avait pas pour but d’adresser un message à Pyongyang, rapporte USA Today.  » Peu importe que [cette bombe] constitue un message ou pas, a-t-il dit. La Corée du Nord est un problème et nous allons nous en occuper. « 

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