mardi , 25 avril 2017
CÉLÉBRATION DU L’AN AMAZIGH YENNAYER 2967 : L’Algérie d’aujourd’hui se réconcilie avec son histoire

CÉLÉBRATION DU L’AN AMAZIGH YENNAYER 2967 : L’Algérie d’aujourd’hui se réconcilie avec son histoire

Yennayer ou l’an Amazigh, est une vieille coutume qui a résisté des siècles, est fêté le 12 janvier de chaque année à travers tout le territoire national.

Par Samia Acher :

Un nouvel an Berbère 2966 qui fera son entrée en Algérie ce 12 janvier sous les couleurs officielles après que l’Etat algérien ait reconnu la langue Amazigh comme langue nationale et officielle. Que sait- on de cette fête ? Pourquoi aujourd’hui Yannayer n’est pas une fête officielle dont la journée doit être chômée et payée ? Comment sera-t-elle célébrée cette année ? Yennayer est le premier mois de l’année dans le calendrier amazigh. Amenzou n’yennayer, le jour de l’an amazigh coïncide avec le 12 janvier du calendrier grégorien. Etymologiquement le mot Yennayer est formé : de  »Yen » qui veut dire premier et de  »Ayer » qui veut dire mois. Le nouvel an est souvent caractérisé par la manière de le fêter et de l’accueillir. Il est conçu comme un renouvellement, une initiation à un nouveau cycle temporel. On le désigne par différents termes tels : Id’ n Yennayer (la nuit de janvier); Dans la région de la Kabylie en Algérie et même dans la plupart des wilayas du pays, on prépare souvent une bouillie contenant le pois chiche, blé, et la fève et le noyau de datte et on sert aussi les dattes et les chênes comme dessert. Ainsi, toute la famille se réunit autour de ce plat pour célébrer la nouvelle année; celui qui trouvera le noyau de datte est chanceux. Le noyau de datte porte bonheur (symbole d’une année joyeuse et prospère). Dans certaines régions, la célébration de Yennayer dure jusqu’à trois jours. Chaque jour on y prépare un plat différent : le premier jour, on y prépare la bouillie, le deuxième jour le couscous aux sept légumes et le troisième jour, on y prépare des poulets. Pour répondre à la deuxième question, une intense campagne est lancée dans les réseaux sociaux regroupant des groupes qui insistent sur l’impératif de reconnaître officiellement ce calendrier en consacrant le 1er jour de Yennayer fête nationale, comme le nouvel an grégorien ou le calendrier hégirien. Dans le même sillage une pétition est lancée sur les mêmes réseaux, car les internautes estiment qu’il n’y a plus aucune « excuse » pour « achever la reconstruction de l’identité algérienne », maintenant que la nouvelle Constitution, adoptée en mars dernier, consacre tamazight comme langue officielle aux côtés de la langue arabe. Une chose est sûre. Les hautes autorités consacrent d’importants moyens pour la célébration de cette date, habituellement fêtée par des associations et des citoyens sans trop de bruit médiatique. Ainsi, cette année, selon le secrétaire général du Haut Commissariat à l’Amazighité Si El- Hachemi Assad , les célébrations du nouvel an amazigh Yennayer 2967 seront marquées par un riche programme de festivités, impliquant plusieurs secteurs ministériels et des caravanes culturelles qui sillonneront une dizaine de villes du pays, du 11 au 16 janvier. Le responsable du HCA a estimé que cette large mobilisation démontre un réveil identitaire du citoyen algérien qui s’est réconcilié avec son histoire. Le lancement des célébrations est prévu à Alger avec des expositions de livres, d’artisanat et d’art culinaire, des spectacles musicaux, en plus d’une rencontre autour des « connaissances historiques sur la célébration de Yennayer » et d’une parade des éléments de la Protection civile. Les caravanes culturelles se dirigeront le 11 janvier vers Béni Snous, à Tlemcen, Touggourt (Ouargla), Batna, Guelma, Béjaïa, Sétif et Tissemsilt où des programmes de célébration sont prévus jusqu’au 16 janvier en partenariat avec les collectivités locales, les centres culturels et le mouvement associatif. Un cours sur la fête de Yennayer sera dispensé dans toutes les écoles du pays qui accueilleront également des activités de célébration du nouvel an amazigh, at- il encore souligné. Joint par téléphone, Mr Aziri Boudjamaa , directeur de l’enseignement et de la recherche a laissé entendre que le HCA a réitéré sa demande aux autorités concernées de reconnaitre cette journée comme étant un jour férié chômé et payé.  » Cette journée est reconnue par tous les algériens, étant donné que la langue Amazighe est l’un des piliers du fondement du pays il est indispensable que cette fête de Yannayer soit nationale. Nous avons senti une volonté sincère de la part des autorités concernées la preuve l’implication de plusieurs ministères dans la célébration de Yannayer , mais cela va demander du temps  » . Le même responsable a fait savoir que cette année les festivités marquantes Yannayer seront grandioses et marqués par des activités culturelles, sportives et éducatives sur l’ensemble du territoire. Particulièrement on assistera à la signature d’une convention entre le HCA et le ministère de l’education nationale portant sur une émission d’un timbre poste symbolisant l’anniversaire de l’officialisation de la langue tamazight. Aujourd’hui sera organisé un événement au niveau de l’unité nationale de la protection civile de Dar El Beida qui va regrouper une dizaine d’associations qui vont se charger d’animer des activités culturelles et des conférences en rapport avec cette célébration. Au-delà de la célébration de Yannayer, qui va être fêté particulièrement cette année en grande pompe, le commun des algériens seront encore plus heureux si les pouvoirs publics vont reconnaitre cette date non pas sur papier ou des promesses mais par une véritable institualisation.
S. A

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